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Flamberge au vent (suite 14)

 

Un prix scolaire décerné à mon papa


pour son certificat d’étude.


Tellement lu et manipulé par des mains enfantines

flamberge-au-vent 0932

 

Chapitre III (suite)

 

Dans lequel sont donnés et reçus 

Quelques galants coups d’épée


Les épaules appartenaient à Tranquille, mais la jambe était la propriété de Rageot.


Quant au visage, il offrait au premier coup d’œil une expression de douce placidité.


On y voyait le front pur, les yeux bons, d’une bleu presque gris et le nez un peu fort de Tranquille, mais Rageot revendiquait hautement la bouche mince et la mâchoire puissante, volontaire.


C’était le frère de lait du duc de Vallarmis.


En voyant son maître sortir pâle et défait du carrosse soutenu par René et deux laquais, il s’élança vers le duc en levant au ciel ses bras maigres.


Vallarmis le rassura d’un sourire, mais ne voulut pas accepter son aide.


Il repoussa même les laquais et, seulement appuyé sur René, il gravit les marches du perron.


Pimprenelle et Larseneur suivaient à quelques pas.


-   Voyez-vous, mon cher monsieur, disait le précepteur qui était fou de mythologie, et en désignant les deux jeunes gens, ne dirait-on pas les fils de Léda ?

-    Vous dites ? interrogea Jonas Larseneur ébahi.

-    Je veux parler de Castor et de Pollux, fit Pimprenelle d’un air pincé.

-    Deux bons chiens, dit vaguement Jonas, qui avait jadis connu des animaux de ce nom là.


Pimprenelle eut un haut le corps, devint rouge comme une pivoine et grommela entre ses dents :


-    Soudard !


Et tout le monde pénétra dans l’hôtel.


Une demi-heure après, nous retrouvons nos quatre personnage dans la chambre de Vallarmis.


Jean, bien installé dans son lit énorme de chêne sculpté, tout drapé de velours bleu, rehaussé de torsades d’or sourit à René qui, assis sur une chaise basse, tient dans la main la main de son ami.


Pimprenelle s’est enfoncé dans un grand fauteuil et Larseneur, encore debout, examine, avec une respectueuse admiration le somptueux mobilier de l’appartement.


Enfin, après bien des hésitations, il s’assied sur le bord d’une grande chaise de tapisserie.


-   Là, très bien, fit alors Vallarmis qui avait suivi tout ce manège avec un malicieux sourire, nous voilà tous installés. Et maintenant, qui est-ce qui commence ?

-    Parle d’abord, dit René.

-   Tu le veux, je commencerai donc. D’ailleurs, mon histoire n’est pas bien longue. Je m’appelle, comme vous le savez déjà, Jean, duc de Vallarmis, je vous fais grâce des mes autres titres, mon nom est assez connu et bien du sang de ma maison a été versé sur les champs de bataille pour la France et pour le Roi. Ma mère aimée est morte il y a cinq ans et mon père a été tué, en combattant glorieusement à la bataille de Guastalla.


Ici, la voix de Jean s’affaiblit et il resta un moment silencieux.


Chacun respecta la douleur du jeune homme.


-   Je suis donc seul au monde, reprit le duc après quelques instants, seul au monde avec ma sœur Alliette, une charmante et bonne créature que tu aimeras comme moi, mon cher René. Je vais avoir dix-huit ans, je porte un des plus beaux noms de France. Je suis riche comme un prince indien. Je suis Colonel de Royal-Normandie, et pourtant, malgré tout cela, au moment où je t’ai rencontré, la vie m’ennuyait tellement que je déplorais ne pouvoir me faire galamment casser la tête dans quelque aventure. Mais maintenant, grâce à Dieu, je veux vivre et je bénis le ciel de la soif qui m’a pris tout à coup dans la rue Saint Honoré.

-    Comment de la soif ? interrogea René.

-   Mais oui, figure-toi qu’en passant devant le Glorieux Silène, je me suis tout à coup senti une incroyable sécheresse au gosier. Je fis arrêter le carrosse, et, malgré les exhortations de Pimprenelle, j’entrai dans le cabaret. Inutile de te raconter le reste, n’est-ce pas ? ajouta-t-il avec un charmant sourire.

-   Tu sais que je ne me consolerai jamais de t’avoir blessé, dit René.

-   Bah ! dit le duc en riant, voilà d’étranges idées ! Comment, c’est grâce à cette bienheureuse blessure que nous sommes amis maintenant et tu ne la bénis pas, cette blessure !


Les deux jeunes gens s’embrassèrent. M. de Pimprenelle prit la parole.


-    Lorsque Lyncée et Idas, commença-t-il, près d’épouser Phoebé et Hilaire, s’adressent aux deux jeunes héros……

-    Grâce, Pimprenelle ! Grâce ! s’écria Vallarmis.


M. de Pimprenelle, rouge de colère, se renfonça dans son fauteuil.


-    Maintenant, à vous Larseneur, reprit le duc Jean en s’adressant au vieux soldat. Nous attendons l’histoire de René.


Jonas se leva, passa la main sur son front, toussa et commença en ces termes :


-    Il faut vous dire d’abord, monseigneur, que la famille de M. le marquis occupe, en Bretagne, un rand semblable à la vôtre en France. Kertaillan, de Nantes à Quimper, de Saint-Brieuc à Vannes, n’a pas plus noble que lui. Rohan et Goulaine l’appellent : mon cousin, et Rieux et Guéménée, Soubise et Richemont s’honorent d’avoir uni parfois leur sang au sien.


A ce début de Larseneur, René avait redressé le front, une orgueilleuse flamme

faisait étinceler ses yeux bleus, une rougeur animait ses joues pâles et sa petite main nerveuse se crispait, plus forte, sur la garde de son épée.


-    Si Kertaillan était noble, continua Larseneur, Kertaillan était riche aussi. Autour du manoir, perché sur la falaise comme un oiseau de proie guettant la mer, il y avait trente paroisses qui relevait de Kertaillan. Aux jours d’autrefois, quand les barons de Kertaillan menaient leurs soldats au duc de Bretagne, ils pouvaient compter jusqu’à trois mille hommes, disant pour chacun d’eux quand il passait : « Celui-ci est à moi ». Je ne vous raconterais pas, monseigneur cette glorieuse histoire des Kertaillan qui furent de vaillants hommes de guerre, des seigneurs loyaux et craignant Dieu... J’arriverai tout de suite au père de M. le marquis…

-    Oh ! oui Jonas, parle-moi de mon père, dit René d’une voix tremblante.

-   Votre père, poursuit le vieux soldat, était un modèle d’honneur et de bravoure. J’ai fait avec lui presque toutes les guerres sous le défunt roi et jamais je ne vis gentilhomme plus accompli. Il s’était marié tard à une vraie sainte du bon Dieu, monsieur René…

-    Ma mère ! murmura le jeune homme dont les yeux devinrent humides.

-    La pauvre femme ne resta pas longtemps sur terre. Elle retourna bien vite dans le paradis qui était sa vraie patrie. Elle mourut en donnant le jour à une petite fille qui reçue le nom de Marie-Régine.

-   Alors j’ai une sœur, moi aussi, dit vivement René, je ne suis plus tout seul !


Larseneur secoua la tête tristement et continua sans répondre au jeune homme.


     -    Vous aviez trois ans, monsieur le marquis.

 

Un an après, accablé de chagrin, votre père mourait à son tour en vous recommandant ainsi que sa fille à moi et à son beau-frère, le baron Hervier qui s’était installé au château depuis la mort de sa sœur.


Le baron César, sous ses dehors affables et bienveillants, cachait l’âme la plus noire. Aussitôt que votre pauvre père fut mort, il ne dissimula plus, et souvent je tremblais en surprenant les regards qu’il jetait sur vous et sur Marie-Régine.

 

-    Comment ! il ne nous aimait par ? dit René.

-    Ah ! cher enfant, il vous détestait ! N’étiez-vous pas les seuls obstacles qui le séparaient de cette immense fortune des Kertaillan qu’il convoitait.

-    Le misérable ! dit Vallarmis, dont les beaux sourcils se froncèrent.


Un jour, poursuivit Jonas, une bande de bohémiens s’arrêta au château.


Le soir, je vis la femme du chef entrer dans le cabinet du baron.


Le lendemain, les gitanes avaient disparu, mais le berceau de Marie-Régine était vide.


-    L’infâme ! dit René d’une voix sourde.


Le baron ordonna des recherches qui, naturellement, n’aboutirent pas.

 


A DEMAIN POUR LA SUITE

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A
Marie-Régine est la Cendrillon du début non? Ah Ah!! Vivement le prochain épisode!! Gros bisous ma belle!
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C
À demain pour la suite, Bisous ZAZA bye
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A
dit zaza tu m'en voudra pas si je te dis que c'est assez complexe et que parfois je ne m'y retrouve plus tu sais comme un livre dont on doit retourner à la page précédente non de diable c'est la première fois que ça m'arrive car tes lectures sont toujours très intéressantes mais là j'arrive pas à me repérer vraiment dsl zaza re gros bisous
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A
Un berceau vide...ciel ! ou est donc la petite Marie régine...vivement la suite...bisous glacée ma Zaza
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F
L'argent, enfin surtout l'héritage, est souvent à la base des plus viles bassesses, et pas que dans les livres ! Bises, et prenez soin de vous si vous devez rouler !  
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