LES LAVANDIERES DU RAUCO (FIN)
Ce tableau, les lavandière de nuits,
a été peint par Yan'Dargent
et se trouve au musée de Quimper
Leurs cris résonnèrent dans les arbres réveillant ainsi tous les animaux de la
forêt.
Lorque Guillo fût enfin un peu remis de sa frayeur, les lavandières avaient
disparu.
Il s'imagine avoir rêvé surtout avec tout ce qu'il a bu.
Mais c'est alors qu'il sent l'humidité du drap qu'il porte encore sur son
bras.
Tout à fait dégrisé, Guillo n'a plus qu'une pensée : courir jusqu'à chez lui, sans se
retourner.
Mais il n'a pas le temps de faire trois pas qu'il entend un énorme
grincement.
C'est le grincement des roues d'une charrette qui n'ont pas été graissées depuis des
années.
Incapable de faire le moindre geste, Guillo attend, l'oreille
tendue.
Mais d'où vient cette charrette ? Il n'y a pas de chemin forestier par
ici.
Cependant l'attelage s'approche, et en plus du grincement des roues, il peut maintenant
entendre le claquement de sabots sur le sol, et les branches qui se brisent sur le passage du cheval et de la carriole.
La charrette vient s'arrêter au bord de l'eau.
Le cheval se dégage de son attelage et se penche pour se
désaltérer.

C'est alors qu'un personnage vêtu de couleur sombre s'approche de Guillo, un fouet à la
main :
- « Holà, l'homme ! » crie-t-il. « Je cherche un nommé Guillo, est-ce que
tu l'aurais vu par hasard ? »
Guillo ne répond pas. Ses dents claquent, ses mains tremblent, il a l'impression que sa
tête va exploser.
Le mystérieux personnage tourne autour de lui et dit d'une voix rauque
:
- « Mais je ne me trompe pas ! Tu portes ton linceul sur le bras. C'est donc toi
Guillo ! Guillo de Tréhorenteuc. »
C'est alors que la lune éclaire le visage de cet étrange
personnage.
Guillo, avec une indicible horreur, voit ce visage et le reconnaît : c'est l'Ankou, le
Serviteur de la Mort.
Alors, ne pouvant supporter cette vision, Guillo tombe à genoux sur le sol.
Dessin de Jean-Baptiste Greuze

On raconte qu'à ce moment il y eut un ricanement qui se prolongea dans les arbres et sur
la lande.
Puis un grand bruit de branches brisées.
On raconte que le cheval hennit trois fois et que la charrette s'évanouit dans la
nuit.
On raconte que personne n'a revu Guillo, Guillo de Tréhorenteuc, depuis cette nuit-là.
Tiré du livre « contes et légendes de Brocéliande » de Claudine GLOT et Marie TANNEUX