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Le père Mignot

 

Le père Mignot

 

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Mais parfois le diable se fait homme.


Dans le village d’Auverné, l’historien local Joseph Chapron se souvient d’avoir entendu parler du père Mignot, un vieux « cerclier » qui logeait dans une masure de palis et de torchis, couverte d’arkoses de schiste.


Il connaissait bien les traditions du pays et savait que les néfliers sauvages, les matins du Premier Mai, s’inclinent vers la terre pour inciter à les couper.


Il savait qu’au matin du vendredi Saint, il est coutume de placer un rameau de néflier au dessus de la porte des étables pour conjurer le mauvais sort que des voisins jaloux pourraient jeter aux vaches laitières.


Le Père Mignot, donc, que l’on disait sorcier, fournissait en rameaux de néflier toutes les étables des alentours.


Mais dame, il ne fallait point risquer de se mettre mal avec lui.


Il était d’un naturel sauvage et ne frayait pas avec les « bourgassins » qu’il tenait en profond mépris.


Mais on le voyait toujours au chevet des pauvres gens, grabataires et égrotants, qu’il soulageait de ses remèdes et de ses conseils.


L’homme était sans instruction, mais il savait tout de même lire et écrire puisque, dans sa prime enfance, quand la garde des vaches ne le requérait point, il avait fréquenté les petites écoles.


Toute sa science, il l’avait dans la tête, mais parfois, il consultait un vieux grimoire, l’unique livre de la maison, juché sur le manteau de la cheminée.


Il ne fallait point se risquer à se moquer de lui, je le répète. Un jour, un gars de la ville, qui devait se marier, se moqua de ses gros sabots et de ses vêtements de peau.


Eh bien, croyez-moi, le jeune homme eut l’aiguillette nouée pendant plusieurs jours après son mariage. Comprenne qui pourra.


Une autre fois, c’est le curé du village qui lui fit la leçon, lui parlant des tourments de l’enfer s’il continuait ses façons.


La nuit suivante, le curé ne dormit point, se tournant et se retournant dans son lit sans comprendre ce qui se passait.


Au matin, il vit avec horreur que son lit avait été envahi par des puces grouillant dans ses draps et sous sa couverture.


Les chasseurs et braconniers du coin voyaient de temps en temps, au sommet d’une butte, un lièvre assis sur son derrière, les oreilles dressées, le nez à l’évent et qui semblait les narguer.


Les bûcherons ne doutaient pas que ce fut le Père Mignot qui s’était changé ainsi en bête.

 

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Ces nuits-là, de multiples méfaits et incivilités étaient commis dans les granges et aux abords des maisons mais nul ne se risquait à dire ou à faire quoi que ce soit.


Le lièvre narguait tout particulièrement un ancien officier chouan, qui logeait au grand bourg, et qui passait son temps à battre les buissons avec son fusil.


Cela lui rappelait, disait-il, la chasse aux Bleus qu’il avait faite autrefois.


Le lièvre narguait l’officier, et chez ce dernier l’impuissance confinait au dépit et à la colère.


Un jour d’octobre, l’officier chouan poursuivit le lièvre à outrance, avec son chien, presque jusqu’aux maisons du bourg.


L’animal se cacha derrière un buisson mais l’homme envoya, au jugé, une décharge de chevrotine.


L’animal poussa un cri qui avait quelque chose d’humain et qui mit la terreur au cœur de l’officier.


Celui-ci alla néanmoins, tout frémissant, à l’endroit où il croyait trouver sa proie mais il ne vit rien. Le chien lui même était perturbé, désorienté.


En rentrant chez lui, l’officier voulut en avoir le cœur net.


Il voulut envoyer son épouse jusqu’à la masure du Père Mignot.


C’est donc le valet qui fut envoyé, sous prétexte de commission, mine de rien, bon « avisoir » comme disent les bonnes gens.


En arrivant au village, le valet vit de loin un groupe de commères, comme des pies agasses, au devant de la porte.


Sans atermoyer, le valet entra : le père Mignot était étendu sur sa paillasse de guinche, la chemise ensanglantée, confiant sa blessure à un rebouteux de La Meilleraye qui tentait d’extraire une balle.


Le Père Mignot en demeura estropié pour le restant de ses jours, puis il disparut.


Nul ne sut si sa vieille carcasse avait été enterrée au fond d’un bois ou s’il avait été emporté par le diable qu’il avait dans le corps.


Mais chacun maintenant, en passant aux Grand Ponts, non loin d’Auverné, se méfie des buissons de « doussins » et des bouillées de « mesliers ».


L’avez-vous rencontré, le diable,
Au carrefour des quatre routes ?
L’avez vous rencontré le diable,
Celui des peurs et des déroutes ?
L’avez-vous vu cette nuit-là
Quand il jeta la lune à bas
Et que n’en pouvant plus
Tous les villages vermoulus criaient
Comme des bêtes dans la tempête ?

Mais vous êtes gens de la ville
Vous ne me croyez pas.
Alors que Dieu vous garde.


(d’après Emile Verhaeren et Joseph Chapron)

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A
Belle histoire!! Mais.... il n'y a pas de fumée sans feu!! Dans tous les villages il y a un personnage un peu étrange qui fait peur et qu'on accuse peu ou prou de sorcellerie ou autre douceur de ce genre! Bisous ma belle!
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C
Merci, encore une belle légende. Bisous ZAZA et Angélina bonne soirée bye
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L
elle est belle ton histoire - bon je suis à l'abri, j'ai le néflier devant la maisn !! bonne soirée Zaza
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T
salut j'aime bien cette histoire mais la fin est triste bonne soirée
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F
bonsoir, une super histoire comme j aime bonne soirée bisous
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