Le château de Brest (4)

Elle comporte, sur chacun de ces quatre niveaux, deux salles :
L'une rectangulaire,
L'autre hexagonale.
Sa construction et ses aménagements lui permettaient d'assurer une parfaite autonomie.
Elle comportait une cuisine, des appartements, des celliers percés d'embrasures de tir, une galerie intérieure et des baies d'éclairage.
La tour doit son nom au bref séjour de la duchesse Anne en 1508 de retour de son pèlerinage au Folgoët.
Son aspect résidentiel se remarque aux éléments de confort comme la grande cuisine et son élégant passe plats, les cheminées, les latrines, les baies à coussièges et le soin apporté à l’oratoire.
L’oratoire est, avec l’appartement du gouverneur, la pièce du château dont l’architecture est la plus soignée.
Il comporte une voûte sur croisée d’ogives qui surplombe le Gisant de Gilles de Texue.
Gisant de Gilles de Texue



Les arcs reposent sur quatre consoles sculptées représentant chacune un des évangélistes :
le lion de Marc, l’homme de Mathieu, le taureau de Luc, l’aigle de Jean. La Clé-de-voûte représente un homme accroupi.
Les armoiries de Guy de Rieux (1589)

En 1589, le gouverneur de la place embrasse le parti de la Ligue.
Mais Guy de Rieux, capitaine de l'armée royale, se fait livrer Brest qui devient alors la seule ville bretonne favorable à Henri IV.
Ses armoiries sont gravées dans la pierre du château (1589).
Il meurt en mer en revenant du siège d'Hennebont (Morbihan) en décembre 1590.
Son frère lui succédera.
Ces armes sont trouvées, après-guerre dans les décombres à proximité du donjon. La pierre est incrustée dans la façade de la tour du Midi lors des travaux de restauration au cours des années 1950.
Plusieurs tentatives de débarquement anglais au milieu du XVIème siècle concrétisent la menace d’attaque du château.
Elles incitent à parachever la fortification par l'édification du plus puissant ouvrage de la place.

Œuvre de l’ingénieur italien, Pietro Fredance, ce bastion en forme de trapèze enveloppe le donjon au nord et le protège d'une attaque terrestre.
La pose de la première pierre a lieu en décembre 1560. Sa construction dura trente-sept ans.
Il comporte une vaste plate-forme d'artillerie et des casemates souterraines dont les larges embrasures couvrent l'entrée du port.

On y accède par un large escalier ouvrant dans la cour du donjon.
Un petit escalier desservait un guichet aujourd'hui obstrué qui se trouve au pied du bastion, à l'aplomb de ces casemates.
Une galerie de contre-mine contourne les assises de la tour du donjon à 15 mètres sous le terre-plein.
Elle conduit à la seconde série de casemates, couvrant autrefois la porte principale et la courtine nord de la façade. Celle-ci se trouve aujourd'hui enterrée sous le remblai du parking.
Des échauguettes placées à ses angles, telles des figures de proue, agrémente l’ensemble.

En 1964, le châteaux dispose d'un ensemble de bâtiments permettant d'accueillir les troupes qui y sont stationnés.
A. La caserne Paradis.
B. Les Bureaux de la place et de l'intendance, ancienne prison civile (1822-1859).
C. La caserne Esplanade, servant d'infirmerie, adossée à la courtine sud.
D. La caserne Plougastel est construite a l’intérieur du château par Sourdéac entre 1591 et 1624 pour loger les officiers de la places.

Elle s'éleve entre emplacement du globe terrestre en bronze et l'extrémité de l'aile Sud de l’actuel Préfecture Maritime.
Ses façades sont classés monuments historique en 1923 avant de disparaître sous les bombardements de 1944 lors du siège de la ville.
E. La Caserne Monsieur, servant de salle d'armes est située dans le prolongement de la caserne Plougastel.
Ce bâtiment à galerie bâtie en 1822-1825 s'élève sur l'emplacement d'une très ancienne caserne qui tombait en ruines.
F. La caserne César est construite en 1766 perpendiculairement à la caserne Monsieur, elle forme avec elle un angle droit et l'un des côtés de la place.
Le passage, entre ces deux bâtiments conduit à la porte du château donnant sur le Parc-au-Duc.
La caserne tire probablement son nom de la tour dont elle est proche.
En arrière et sur la même ligne se trouve des magasins qui sont adossés à la courtine qui relie la tour César à la tour de Brest.
G. La salle d'armes est bâtie en 1777 sur l'emplacement des logements du Major de la place et du lieutenant du Roi.
Ces derniers disposent de deux jardins, l'un d'agrément, l'autre potager, s'étendant l'un et l'autre jusqu'à la courtine qui relie la tour de Brest au donjon.
De ces jardins on pouvait descendre par un chemin en pente douce et en zigzag, jusqu'au bas du ravin où se trouvaient les lavoirs et la fontaine, ainsi que la poterne donnant sur la rivière.
Ce ravin est comblé en 1777.
H. Magasins de l'artillerie, édifiés en 1777 et 1624 par Sourdéac (classée en 1923).
Devenu un monument à part entière, le socle du « Triomphe d'Amphitrite, se trouve dans la cour de la Préfecture maritime.
Ce piedestal s’orne de trois tritons, fixés à une colonne, crachent un filet d'eau dans leur vasque.
Socle du « Triomphe d'Amphitrite »

Il est l’œuvre de l’ingénieur Jean Bernard Tarbé de Vauxclairs.
La statue de marbre blanc d'Antoine Coysevox, d’abord détournée des j’ardins de Marly par le gouvernement Consulaire, est implantée par le Préfet maritime Caffarelli proche de l'emplacement actuel de la porte Tourville.
Amphitrite d'Antoine Coysevox

Le monument gênant les évolutions sur ce terre-plein, le préfet Chaucheprat le fait transférer en 1912 dans les jardins de la Préfecture maritime, l’ancien hôtel Saint-Pierre.
En 1940, le patrimoine historique et artistique de Brest est mis à l'abri dans le château de Kerjean.
Château de Kerjean

A la Libération le piédestal est démonté et remonté dans le château.
Quant à la statue elle demeure au musée du Louvre
A DEMAIN POUR LA FIN