Le château de Brest (3)


Dernière grande tour du Château elle est construite au début du XVIeme siècle.
Elle a subi peu de modifications.
Les principales ont été réalisées par Vauban : le sommet de la tour est transformé en terrasse à canons et les salles intérieures voûtées.

Le portail monumental construit à l'origine de la tour n'est plus visible depuis la construction de la Préfecture Maritime.
Croquis d'un ravelin

Entre le ravelin et la tour paradis
Après la porte de la fortification avancée, se présente le ravelin destiné à couvrir l'entrée principale du château.
A l’origine un large fossé le séparait de l'ouvrage avancé, avec lequel il ne communiquait que par une porte ogivale, surmontée des armes de France et munie d'un pont-levis.
Le pont-levis n'existe plus et les armoiries de France ont disparu.
Ce ravelin casemate est percé de meurtrières.
La forme de celles-ci indique qu'elles étaient destinées à recevoir de l'artillerie de petit calibre, tel des fauconneaux ou des arquebuses.

Situé à l’angle nord-est de l'enceinte, le donjon est en fait l'ancienne citadelle de la ville close du Moyen Âge.
Ce cœur de l'appareil défensif médiéval est à lui seul un petit château isolé du reste de la place.
A l’origine il était composé de trois tours principales reliées par des courtines :
Au sud, la tour Duchesse Anne, au Nord la tour du Donjon, à l'ouest, la tour Azenor.
L'accès principal se trouve à l’ouest.
Il est constitué d'une porte charretière défendue par un ouvrage de fortification crénelé et d'un pont-levis franchissant le fossé qui séparait la citadelle du reste de la ville.
Cet ensemble formait une cour polygonale, dont le niveau était situé à près de 2,20 m sous le niveau actuel.
L'ensemble abrite un puits, des oubliettes et plusieurs salles souterraines.
La tour du donjon, fut érigée en 1597 par Sourdéac, à l'emplacement d'une tour ruinée, probablement gallo-romaine et le donjon sera parachevé par Vauban à partir de 1683.
Seigneur de Sourdéac

Un mur et des salles voûtées viennent relier les tours du Midi et du Donjon.
Les poivrières disparaissent au profit de vastes plates-formes destinées à de puissantes pièces d'artillerie.
Enfin, au XIXème siècle, on perce des baies.
Le premier étage abrite les salles principales des Archives du port, l'étage supérieur la bibliothèque de la Marine et l'oratoire.
Les deux niveaux inférieurs sont accessibles depuis la cour par un escalier pris dans l'épaisseur du mur.
Ils servaient de réserves et de magasins.
Les deux niveaux supérieurs, réservés à l'habitation, sont pourvus de cheminées et on y accède depuis le chemin de ronde.

A l’intérieur les salles octogonales dont les pans coupés ne superposent pas exactement d’un étage à l’autre.
Elle a subi peu de transformations, si ce n’est celles de Vauban qui en modifia la toiture.

Elle est abandonnée au XIXème siècle et le seul accès se fait par les courtines, l'entrée principale étant délaissée.
La légende
Son nom provient de la légende de la princesse Azénor qui nous est rapportée par le dominicain Albert Le Grand, dans un ouvrage la « Vie des Saints » : « …Azenor estoit de riche taille. droite comme une palme, belle comme un astre, et cette beauté extérieure n'estoit rien en comparaison de son âme ».
Even, seigneur de Brest, n’avait qu’une fille se nommant Azénor.

Vers 537, Elle épouse le comte de Goëlo.
Les jeunes mariés s’installent dans un château construit par le roi Audren (Châtelaudren).
Devenu veuf, Even se remarie avec une marâtre qui n’eut de cesse de se débarrasser de sa belle-fille.
Jalouse, elle jure la perte d'Azénor.
Elle l’accuse d’adultère en s’aidant de faux témoignages.
Le comte de Goëlo croit à cette calomnie, et la princesse est enfermée dans la plus sombre tour du château.
Condamnée à mort, elle échappe au bûcher quand on apprend qu’elle est enceinte.
Les juges, probablement achetés à prix d'or, la condamnent à être placée dans un tonneau et jetée à la mer.
Le tonneau vogue ainsi pendant cinq mois.
Chaque jour un ange visite la fille du prince de Léon et lui apporte le nécessaire.
Au bout de sa périlleuse errance, Azénor accoste au rivage de Beauport, en Irlande.
Elle donne naissance à un fils qui reçut le nom de Budoc « sauvé des eaux » qui deviendra un grand saint.
Saint Budoc
La belle-mère meurt, durant son exode, en avouant la vérité à l’époux d’Azénor.
Celui-ci décide de partir à sa recherche pour se faire pardonner et la ramener.
Mais il meurt lors de leur retour après l’avoir longtemps cherchée, suivi peu de temps après dans la tombe par sa femme.
Even recueille et élève son petit-fils.
A DEMAIN POUR LA SUITE