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Un corsaire pas comme les autres (fin)

 

Les anecdotes particulières arrivent à la suite de l’histoire générale.

 

Un des officiers de l’Embuscade, le seul qui fût resté intact de tout l’état-major, nous raconta que son capitaine, ayant déchargé sur le capitaine anglais les deux pistolets avec lesquels il avait sauté l’un des premiers à l’abordage, s’amusait à assommer à grands coups de crosse de pistolet, les Jersiens qui fuyaient devant lui comme un troupeau de moutons devant un loup affamé.

 

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« Je ne sais pas, le diable m’emporte ! » ajoutait cet officier, « comment il n’a pas été étendu mort cent fois ! Il faut que les balles et les coups de sabre lui aient glissé sur le casaquin comme sur du fer poli. »

 

Resté seul à bord du lougre ennemi, les Anglais n’osaient plus taper sur lui, et il aurait été capable d’amariner le navire s’il avait pu le manœuvrer seul.

 

Il ne s’est, au reste, jeté à la nage pour nous rejoindre l’Embuscade que de sa propre volonté, et comme s’il avait eu besoin de prendre un bain à la lame.

 

Mais ce fut à Roscoff que le glorieux capitaine fut accueilli étrangement pour un triomphateur.

 

Toutes les familles des gens qu’il avait levés la veille pour l’aider à donner son coup de peigne lui demandaient compte des pères, des frères ou des enfants qu’il avait fait tuer dans son engagement avec le lougre anglais.

 

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« Que voulez-vous que j’y fasse? » répondait BALIDAR aux lamentations de toutes les mères, les sœurs, les filles qui le suivaient en pleurant ou en criant. « Ne les avais-je pas prévenus d’avance que je leur ferais gagner de l’argent? Moi-même j’ai cherché à gagner le mien; mais, dans ces sortes de bamboches militaire : Tremble qui a peur, mais malheureux qui est pris »

 

Au surplus toutes les veuves et les orphelins furent indemnisés avec libéralité par le généreux corsaire, les blessés reçurent dans une salle qu’il a mis à disposition pour tous les soins que l’on pouvait acheter au prix de beaucoup d’argent et de sacrifices.

 

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Au bout de huit jours, le lougre, l’Embuscade, réparé, regréé et restauré reprenait la mer, frais et dispos comme un navire sortant des chantiers, pour aller chercher au large d’autres combats et faire payer cher aux Anglais, le demi-échec que le Jersien lui avait fait éprouver.   

 

l'embuscade

Il rentra, après un moi de croisière, avec trois ou quatre prises d’une assez grande valeur, sans avoir rencontré cette fois l’occasion de renouveler sa bamboche militaire.

 

Devenu riche par les captures qu’il avait faites et fameux entre tous les corsaires par les actions d’éclat qu’il avait attachées; à la source de sa fortune, BALIDAR eut un jour la fantaisie de se marier, non pour avoir une femme à lui: il pouvait en acheter mille, mais pour faire comme les autres, et pour savoir, peut-être un peu, ce que c’était le mariage.

 

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Il était sans doute fatigué d’entendre en parler autour de lui.

 

On lui dit, une fois marié, qu’avec une jolie femme, il était bon d’avoir une belle maison.

 

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Le nouvel initié dans les mystères de l’hymen devint propriétaire d’un des grands hôtels du port de mer où il avait déjà trouvé une épouse.

 

Le balcon de l’hôtel était en fer forgé, l’acquéreur se le fit remplacer par une balustrade d’argent massif.


Et quelques jours après avoir installé sa femme dans la somptueuse maison qu’il venait de faire meubler à merveille, voilà le corsaire qui quitte sa maison nouvelle, sa jeune épouse en pleurs et son balcon en argent, pour aller se jeter à bord d’un grand cotre qui l’attendait au sortir de l’hôtel, et tomber au beau milieu de ses anciens compagnons d’aventures, avec lesquels il reprit la mer comme s’il avait eu sa fortune à faire et son avenir à assurer.

 

Cette reprise de possession du métier fut remarquée par un de ces évènements qui signalaient toujours la réapparition de BALIDAR dans les mers de la Manche.

 

Un petit brick de guerre anglais se trouva, par malheur pour lui, sur la route que prenait le cotre du nouveau marié pour se rendre à l’ouvert de la Tamise.

 

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Le cotre chasse dans la nuit le brick qui se laisse poursuivre avec l’intention de faire payer cher sont audace ou la méprise au bâtiment chasseur, qui semble s’être fourvoyé en manœuvrant pour l’accoster.

 

Mais BALIDAR, qui a deviné la force, l’espoir et le projet du brick anglais ordonne à tout son équipage de se tenir à plat ventre sur le pont pendant que lui seul gouvernera le cotre de manière à aborder l’ennemi au moment opportun.

 

« C’est alors » dit-il à ses gens, « qu’il sera temps, mesdemoiselles de vous relever de couche et vitement »

 

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Le brick anglais, à l’instant où il voit arriver à une portée de fusil dans ses eaux le corsaire, dont il croit pouvoir s’emparer comme d’une proie qui lui est déjà acquise, commence à venir brusquement en travers pour envoyer par l’avant toute sa volée à son téméraire adversaire.

 

La mitraille siffle, pleut sur le pauvre cotre et sur BALIDAR, qui, toujours placé debout à la barre, reçoit en se secouant les oreilles, ce bruyant coup d’éventail.

 

Mais avant que l’Anglais ai pu changer de bord pour lancer son autre volée au corsaire, qui continue de l’approcher, celui-ci vous élonge son brick par la hanche, et lui vomit sur le pont cent cinquante lurons, qui la hache et le poignard à la main, vous enlèvent en dix minutes la prise, sur laquelle eux aussi avaient compté sur une proie inévitable.

 

La nuit même de cet engagement, le cotre, après avoir expédié pour la France, le brick capturé, amarina les trois ou quatre gros navires qu’escortait le brick anglais, devenu si vite à la mer une prise française.

 

 

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L’empire, comme on l’a souvent dit était le temps des capacités militaires. Mais il s’en fallait encore beaucoup que cette époque glorieuse fut le temps des capacités maritimes.

 

Napoléon, qui probablement n’avait jamais entendu ses courtisans parler de BALIDARD à Saint Cloud ou à La Malmaison, ne songea même pas à envoyer au vaillant corsaire la croix que l’on commençait déjà alors à distribuer avec assez de profusion aux maires de campagne et aux employés de préfecture.

 

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Le corsaire se passa donc sans trop y prendre garde peut-être, des faveurs du gouvernement impérial.


La fortune l’avait déjà comblé des siennes, et nos ennemis lui avaient depuis longtemps rendu assez justice en apprenant à redouter son audace et à répéter souvent son nom avec effroi.

 

La noble, la douce, la glorieuse paix de 1814 descendit enfin du ciel sur le monde épuisé, comme disaient les bons français dont fourmillaient alors notre malheureux pays.

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BALIDAR, comme tous les autres compagnons de course, rentrèrent avec cette paix dans le néant d’où la guerre l’avait fait sortir.

 

Mais son nom que le Moniteur n’avait pas encore publié que pour annoncer la rentrée des prises qu’il ramenait dans nos ports, resta, en disparaissant sur nos mers, dans la tradition des habitants de nos côtes.

 

Légende plus fidèle, mois injuste et aussi belle que celle de l’histoire écrite et de la renommée feuilletonnée.

 

Et aujourd’hui, alors même que la célébrité se fait si vite à grand renfort de notices, demandez au premier riverain venu de la Manche ce que c’est que ce BALIDAR dont aucun journal n’a parlé, le riverain vous dira ce que fût et ce que fit ce corsaire, si peu connu de la presse, et si célèbre néanmoins pour les hommes qui n’ont jamais su lire.

 

N’est-ce donc pas là aussi, croyez-vous, une bonne, sûre et tenace célébrité ?

 

Quelques capitaines du Havre longtemps, après la paix disent avoir rencontré sur les côtes du Mexique le fameux corsaire, faisant toujours la course là où la course pouvait encore se faire.

 

Un de ces capitaines m’a rapporté que, pouvant s’emparer du navire qu’il montait, BALIDAR se contenta de lui demander son nom, et qu’après l’avoir reconnu pour un de ses anciens amis, il lui cria :

 

 

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«  Continue tranquillement ta route. Dis dans ton pays que j’aimerai toute ma vie les Français et la France »

 

Ce fut là le dernier mot que le corsaire portugais adressa sans doute à notre pays, en pleine mer, à deux mille lieues de la patrie qu’il avait adoptée et qui ne l’adopta pas.

 

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F
Un être libre ... habile... marié avec la mer et ses navires... il faut dire qu'à cette époque les bateaux étaient fascinants... un nomade de la mer... normal que personne n'ait pu le retenir...
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P
je suis venu finir la lecture de ce personnage qui devint célébre parmis les marins mais que personne à notre époque n'a entendu parlé il a fait ce qu'il a voulu de sa vie même si a une époque il a semblé asagit par le mariage lui sa vie c'était de courir les mer et le combat bonne journée zaza bisous
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P
bises @+
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A
Bonsoir Zaza Balibar à quand même pas de chance à la fin ! C'est vrai on faisait aussi la guerre pour se mesurer histoire de savoir si l'homme en était vraiment un, heureusement qu'il y a d'autres moyens... tout aussi viril, moins risqué... quoique... ! ? Superbe lecture et agréablement imagée... Passe une douce soirée mon amie !  
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P
c'est fini ! j'ai bien aimé cette lecture ! mais les épisodes ça coupe l'ambiance dans la quel on est bisous bonne soirée @+
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