La bastille de Quilbignon ou tour de La Motte-Tanguy est bâtie sur un tertre rocheux en bordure de la Penfeld, face au château de Brest, à Recouvrance.

On y accède depuis la rue de la Porte par le square Pierre-Péron, au pied du pont de Recouvrance.
La tour médiévale a vraisemblablement été construite lors de la Guerre de Succession de Bretagne (1341-1364) pour protéger ou empêcher, les communications entre les deux rives.
Guerre de succession - Bataille d'Auray

L'origine de cette tour médiévale n'a pu être déterminée de façon très précise.
Elle fut peut-être édifiée par les Anglais pendant leur occupation de la cité au XIVème siècle ou plus anciennement par le seigneur Tanguy du Chastel, de la lignée des seigneurs de Quilbignon, qui s’illustra dans la lutte de la Bretagne contre l’Angleterre et contribua au développement de la rive droite.
Le nom de bastille de Quilbignon fit place à celui de tour Tanguy, prénom porté par plusieurs membres de cette lignée.
Bastille de Qillbignon
Bâtie sur un bloc de granit, la Bastille de Quilbignon
ou « Tour de la Motte Tanguy » occupe une situation privilégiée
en bordure de la Penfeld et face au château de Brest.
Leurs armes sont gravées au-dessus de la porte.
Le berceau de cette famille se trouve au château de Trémzan, à Landuvez.
Ruines du château de Trémzan

Jean de Montfort remit la tour aux Anglais en 1341.
Philipe le bel et Jean de Monfort

Elle fut restituée à son fils Jean IV en 1397.
Jean IV de Bretagne et ses conseillers
Jusque vers 1580, la tour servit de siège à la justice des seigneurs du Châtel, avant qu'ils ne transfèrent celui-ci dans une maison voisine.
Le kiosque au sommet de la tour vers 1910
Ensuite négligée, la tour devint la propriété de la famille de Rohan-Guéméné en 1786 puis passa dans le domaine royal avant d'être vendue comme bien national pendant la Révolution au sieur Gabon.
Blason de Rohan-Guéméné

Elle devient à cette époque la tour Cabon. En 1962, elle est acquise par l' qui la transforme en maison d'habitation.
Il fait percer des baies et construit à son sommet une sorte de kiosque coiffé d'un chapeau chinois.
Le kiosque au sommet de la tour

Son dernier habitant et propriétaire privé, le docteur Joseph Thielmans, médecin généraliste, la quitte après son incendie pendant les combats de 1944.
Le pavillon chinois qui la recouvrait fut détruit lors des bombardements.
La Ville de Brest en devient propriétaire le 15 juillet 1954.
Elle est sommairement réparée et son état se dégrade de nouveau.
Son avenir est alors compromis par la reconstruction du quartier de Recouvrance.
Plan du port et du quartier de la Recouvrance

Quaies et quartier de Recouvrance


Eglise Saint Sauveur de la Recouvrance

Finalement, en 1959, la Ville charge le peintre Jim E. Sévellec d’évoquer le passé de la ville dont il ne reste que peu de vestiges.
La tour est restaurée et on inaugure le musée du vieux Brest le 25 juillet 1962.
En 1971, on lui ajoute une poivrière (guérite de maçonnerie à toit) et on remplace sa corniche néo-gothique par des créneaux pour lui donner une silhouette médiévale.

Le musée abrite un ensemble de maquettes et reconstitutions historiques qui constituent une promenade à travers les rues pittoresques du Brest d'avant 1939, c'est-à-dire dans la ville telle qu'elle se présentait avant les bombardements alliés durant la Seconde guerre mondiale et sa reconstruction.
Brest avant 1939
Brest détruite
Brest reconstruite
Le pont national

La rue de Siam
Le pont d'Harteloire
Et pour le fun quelques photo de la tour Tanguy



