La princesse de l’étoile brillante (Cinqième épisode)

Selaouit, mar hoc’h eus c’hoant,
Hag e clevfot eur gaozic coant,
Ha na eus en-hi netra gaou,
Met, marteze, eur gir pe daou.
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Ecoutez, si vous voulez,
Et vous entendrez un joli conte,
Dans lequel il n’y a pas de mensonges,
Si ce n’est, peut-être, un mot ou deux.

Quand le meunier se réveilla et qu’il apprit que la princesse était partie pour ne plus revenir, il se mit à pleurer et à s’arracher les cheveux, en désespéré. Il faisait pitié à voir.
Puis il dit:
- « Je la chercherai et je la retrouverai, dussé-je aller jusque dans l’enfer ! »
Et il se mit aussitôt en route, à la recherche du royaume de l’Étoile-Brillante.
Il marche, il marche, plus loin, toujours plus loin, sans s’arrêter, ni lejour ni la nuit. Il s’engage dans une grande forêt, dont il ne trouve pas la fin.
Il y avait plusieurs jours et plusieurs nuits qu’il y errait, au hasard, quand, une nuit, étant monté sur un arbre, il aperçut au loin une petite lumière.

Il se dirigea sur cette lumière et se trouva devant une pauvre hutte faite de branchages d’arbres et d’herbes sèches.
Il en poussa la porte, qui était entrebâillée, et aperçut à l’intérieur un petit vieillard à barbe blanche et longue.

- « Bonsoir, grand-père », lui dit-il.
- « Bonsoir, mon enfant », répondit le vieillard, étonné; « ta vue me fait plaisir, car depuis dix-huit cents ans que je suis ici, je n’avais encore vu aucun être humain, jusqu’aujourd’hui. Sois le bienvenu, entre et tu me raconteras un peu ce qui se passe dans le monde, car il y a si longtemps que je n’en ai eu des nouvelles ! »
Le meunier entra et dit son nom, son pays et l’objet de son voyage
- « Je veux faire quelque chose pour toi, mon fils », lui dit le vieillard. « Voici des guêtres enchantées, qui m’ont été bien utiles, quand j’avais ton âge; mais, aujourd’hui, elles ne me servent plus à rien. Quand tu les auras sur tes jambes, tu pourras faire sept lieues, à chaque pas, et tu arriveras ainsi sans trop de mal au château de l’Étoile-Brillante, qui est encore loin, bien loin d’ici. »
Le meunier passa la nuit dans la hutte du vieil ermite, et le lendemain, dès le lever du soleil, il mit les guêtres sur ses jambes et partit.

Il allait bon train, à présent.
Rien ne l’arrêtait, ni les rivières, ni les fleuves, ni les forêts, ni les montagnes.
Vers le coucher du soleil, il remarqua une autre hutte, semblable à la précédente, sur la lisière d’une forêt, et, comme il avait faim et qu’il était aussi un peu fatigué, il se dit:
- « Il faut que je demande à souper et à loger, dans cette hutte; peut-être m’y donnera-t-on aussi quelque bon avis.

Il poussa la clôture de genêt, qui céda facilement, et aperçut, au fond de l’habitation, accroupie parmi la cendre, sur la pierre du foyer, une petite vieille, qui avait des dents longues comme le bras.

- « Bonsoir, grand’mère », lui dit-il; « auriez-vous la bonté de m’accorder l’hospitalité, pour la nuit ? »
- « Hélas ! Mon enfant, répondit-elle, tu es mal tombé ici, et ce que tu as de mieux à faire, c’est de t’en aller, au plus vite, j’ai trois fils, qui sont des gars terribles, et s’ils te trouvent ici, j’ai grand ’peur qu’ils ne te mangent. Va-t’en, te dis-je, car ils ne tarderont pas à arriver. »
- « Comment s’appellent donc vos fils, grand’mère ? »
- « Leurs noms sont : Janvier, Février et Mars. »
- « Vous êtes donc la mère des vents, alors ? »
- « Oui, c’est moi qui suis la mère des vents; mais, va-t’en, te dis-je, car ils vont arriver. »
- « Au nom de Dieu, grand’mère, donnez-moi l’hospitalité et me cachez quelque part où ils ne me trouveront pas. »
A DEMAIN POUR LE CINQUIEME EPISODE
Le conte breton de la princesse de l’étoile Brillante - Episode N°6