L’Homme-Marmite (fin)
Bientôt arriva un cheval blanc, au triple galop, et en hennissant. Il s’arrêta devant la croix : la jeune femme frappa un petit coup avec la main sur son front, et dit :
« Seras-tu époux ? »
Et le cheval partit.
Un taureau arriva après lui, avec un vacarme terrible.
Il s’arrêta aussi devant la croix, et la jeune femme lui frappa sur le front, en disant :
« Seras-tu frère ? »
Et il partit aussitôt.
La pluie, le vent, le tonnerre, les éclairs allaient toujours croissant.

La vache noire arriva alors, en beuglant et en faisant un vacarme d’enfer; la terre en tremblait.
« Seras-tu mère ? »

Dit la jeune femme, en lui frappant un petit coup sur le front; et elle partit aussi, comme le cheval blanc et le taureau.
Alors, la pluie, le vent et le tonnerre cessèrent et le ciel devint clair et serein.

Un carrosse doré descendit du ciel, auprès de la jeune femme.

Son mari en sortit, lui donna des vêtements pour s’habiller, et ils se jetèrent dans les bras l’un de l’autre, en pleurant de joie.
— « Tu nous a délivrés, moi, mon frère et ma mère », s’écria l’homme à la marmite.
Le cheval blanc, c’était moi...!!!
Le taureau, c’était mon frère, Guilaume...!!!
La vache noire et blanche, ma mère...!!!
Tous les trois nous étions retenus sous un charme, depuis bien longtemps; mais, nos peines sont maintenant terminées, et je n’irai plus dans ma marmite.
Mon frère possède un château d’or, et il vous le donne, pour vous remercier de ce que vous avez fait pour nous, et nous y vivrons, à présent, heureux et tranquilles.
Emprunté à Phillibert
Alors, il y eut un beau banquet, vous pouvez bien le croire !
Si j’avais pu m’y trouver aussi, j’aurais mieux soupé, je pense, que je ne le fais à la maison, où j’ai pour régal ordinaire des patates frites avec des pommes de terre !
Conté par Barba Tassel, à Plouaret. — Décembre 1868.
Mise en scène revue par ZAZA