Au cœur de la pyramide
J’avais craqué une allumette de plus, ce noir devenait obsédant, ce silence inquiétant.
Mais qu’est ce qui m’avait pris ?
Dans quel délire avais-je pu m'engager jusqu’à cette folie ?
Lors de cette soirée en Egypte, sur le plateau de Gizeh, l’alcool ingurgité la veille, cela j'en suis maintenant certaine, y était pour beaucoup dans cette histoire, mais delà à parier que j’arriverais à rester seule au cœur de la pyramide...!!!
Ah ça ! J’en avais de la gouaille hier soir !
- « Moi j’vous parie cent billets que j’sors de la pyramide avec seulement vingt allumettes en poche ! »
- « Arrête tes bêtises ZAZA ! Tu as trop bu ! » Me rétorquait les copines et les copains.
- « Vingt allumettes que j’vous dis ! J’la connais par cœur cette pyramide ! J’en sortirais les yeux fermés, en marche arrière et à cloche-pied s’il le fallait !»
- « Arrête ! C’est bon maintenant ! »
- « Pouah ! Vous êtes tous des poules mouillées ! Même pas un qui veut risquer cent billets contre moi ! »
- « Tenu ! » Avait lancé derrière-moi une voix que je ne connaissais que trop bien.
Mon poux ronchon venait de faire irruption dans le trou à rat où la boisson me perdait ce soir là.
- « Ah oui alors ! Tenu ! » Rajouta-t-il, « Et j’espère bien que tu y resteras ! Bon débarras ! Maintenant, en attendant l’heure de tes exploits ! Va te coucher ! Pocharde ! »
Ah ça ! J’avais l’air maligne devant toute ma tribu ce matin.
Et c’était du cotcotcot par ci, cotcotcot par là, ou encore du : "Tes poules ont pris un bain aujourd’hui ZAZA? On ne t’entend plus !"
Après l’affront que m’avait fait le bougre devant tous les poteaux, fallait bien que j’assure.
Et me v’la partie au cœur de la pyramide !
Avec ma dernière allumette au bout des doigts !
Et ce silence qui m’entoure !
Je baigne dedans !
Il m’oppresse !
Il devient de plus en plus fort !
De plus en plus grand !
Je n’entends plus rien !
Rien !
Suis-je devenue sourde !
L’allumette s’éteint !
Je me cogne à droite !
A gauche !
Je tombe !
Le silence !
Juste le silence !
Pour unique compagne !
Pour unique présence !
Je me retourne d’un coup !
Non !
Rien !
J’avais cru pourtant !
Soudain !
Une voix aigu perça le silence :
« Y’a quelqu’un ? Y’a quelqu’un ?»
Mon cœur n’y résista pas ... Et il se fit
« Silence ! »
Ce texte est sorti de ma cervelle quelque peu fantasque, la seule cuite magistrale de ma vie a demandé 3 jours pour m'en remettre!